2e journée de la recherche du laboratoire RELIA

Lundi 26 octobre 2026 9h00

Bienvenue à cette deuxième journée de la recherche du laboratoire RELIA. Cette journée est l’occasion avant tout de rassembler les personnes étudiantes actuelles et alumnis pour échanger et partager l’état d’avancement des projets réalisés dans le cadre du microprogramme de 3e cycle en recherche et développement et innovation pédagogique. Aussi, cette rencontre est l’occasion d’explorer de nouvelles perspectives grâce à des conférencier·ères invité·es.

Horaire

9h00-9h15 Mot de bienvenue – présentation

9h15-10h15 Speed colloque :  Partage autour de projets démarrés dans le PCPUN- ReDIP

10h15 Pause

10h30-11h30  IAG et eco-pédagogie avec Véronique Rauline et Edith Potvin-Rosselet

Intelligence artificielle générative (IAG) et pédagogie, automne 2026. La précision temporelle est primordiale ici. En effet, dans ce domaine, le temps file, saute, accélère, et ce qui est valable aujourd’hui, mi-septembre, ne le sera vraisemblablement plus, ou plus tout à fait, fin octobre.

Pour l’heure, les prises de position et mises en garde virulentes formulées contre l’IAG par ses propres concepteurs et développeurs conduisent à interroger et repenser nos postures et positionnements, individuels et collectifs.

Ainsi, peut-on encore revendiquer une position intermédiaire entre IA-phobie et IA-philie, quand la situation évolue plus vers l’IA-folie ? Dès lors, comment penser et dispenser les programmes et interventions en éducation relative à l’environnement (ERE) : version éthico-blanchiment ou plutôt éco-pédagogie ?

Tel est le point de départ d’une réflexion menée en vue de l’organisation d’un débat contradictoire, dans le cadre de la retraite de l’Observatoire des pratiques innovantes en évaluation (OPIEVA), sur les implications et conséquences environnementales, éthiques et socio-politiques de l’IAG. C’est cette réflexion, informée par la recherche mais aussi par l’éducation populaire et citoyenne, que nous présenterons et discuterons.

11h15 à 12h30 Le théâtre-forum comme artefact de formation et de recherche par Hervé Dangoumau, Université de l’ïle de la Réunion

Le théâtre-forum est une forme théâtrale inscrite dans les pratiques du Théâtre de l’opprimé (Boal, 1980). Il est conçu à l’origine pour aider une communauté à lutter contre l’oppression qu’elle subit en rejouant des scènes vécues pour trouver des alternatives transposables ensuite dans la réalité et favoriser son émancipation. Cette forme singulière de simulation peut être utilisée dans les champs de l’enseignement et de la formation, du social, de la santé, des institutions et des entreprises. Dans le cadre de la recherche-formation (Lafortune, 2006), le théâtre-forum devient un moyen de remettre en jeu(x) des problèmes vécus par les participant.es et d’interroger ces expériences. Il est alors un lieu d’actualisation des possibles, à travers les propositions d’alternatives jouées par les « spect-acteurs » (Boal, 1980) et les prises de risque autorisées par l’agir dramaturgique. Ces façons d’agir sont ensuite discutées avec la médiation du « joker-formateur » (Dangoumau, 2025) et leur transférabilité au réel est envisagée, afin d’augmenter le pouvoir d’agir des participant.es. Le théâtre-forum est ainsi constitué en « artefact » (Rabardel, 1995) proposé aux acteurices qui peuvent en faire un instrument psychologique source de développement, à l’occasion d’un processus de « genèse instrumentale » (Rabardel, 2005). Une « praxis libératrice » (Freire, 1974) est ainsi mise en œuvre par et pour le collectif.

12h30-13h30 Dîner

13h30-14h30 Penser la numérisation de l’éducation et de la formation par le prisme des capabilités pour dépasser l’approche par compétences par  Lionel Alvarez, prof.tit.did. | Laboratoire CaCy | Université de Fribourg | Suisse

La numérisation de l’éducation et de la formation fait aujourd’hui l’objet de nombreuses critiques, qu’elles concernent les usages des outils, leurs modalités de gouvernance ou encore leurs effets sur les apprentissages. Pour repenser ces enjeux, l’approche par les capabilités (Sen, 1999) constitue une piste particulièrement féconde. Alors que l’approche par les compétences tend à se focaliser sur l’acquisition et l’évaluation de ressources individuelles mobilisables dans l’action, l’approche par les capabilités permet de la dépasser en s’intéressant aux libertés réelles dont disposent les apprenant·es pour choisir, combiner et mettre en œuvre ces ressources selon leurs projets et leurs contextes. Elle déplace ainsi l’attention des compétences possédées vers les possibilités effectives d’agir, d’apprendre et de s’épanouir.

Dans cette perspective, les capabilités numériques visent à garantir que chaque apprenant·e puisse définir son propre mode de fonctionnement en élargissant ses opportunités et ses marges de choix. Elles supposent l’accès à une diversité de technologies éducatives ainsi qu’un accompagnement explicite des différentes genèses instrumentales permettant de se les approprier. Les apprenant·es disposent alors d’opportunités variées pour apprendre et restent libres de s’en saisir ou non afin de construire leur propre trajectoire d’apprentissage.

Cette conception rejoint les principes des environnements personnels d’apprentissage en valorisant l’autonomie, la pluralité des parcours et la capacité des individus à configurer leurs propres écosystèmes numériques. À l’inverse, des technologies imposées, associées à des usages strictement prescrits et peu susceptibles de bifurcations, réduisent les libertés de choix et limitent les possibilités d’appropriation. Les apprenant·es ne sont alors plus soutenu·es dans l’identification des extensions de soi (perspectives cyborg) qu’ils et elles souhaitent privilégier ou au contraire éviter.

Les capabilités numériques apparaissent ainsi comme un levier pertinent pour réinterpréter la numérisation de l’éducation et de la formation au-delà d’une logique de compétences, en réintroduisant la question des libertés, des opportunités et du pouvoir d’agir des apprenant·es. Cette communication présentera les concepts clés de cette approche et discutera de leur contribution à la (re)définition des projets numériques d’enseignement et d’apprentissage.

Bibliographie
Sen, A. (1999). Development as Freedom. AnchorBooks.

14h30-15h30 Discussions avec Lionel Alvarez

Inscription obligatoire : https://forms.cloud.microsoft/r/3yMuZp5Hy3

Lien Zoom : https://uqam.zoom.us/j/82798417121?pwd=OEl6N2RrVEp3c0pPTWowc2RINUJvUT09

Local : N-3785